|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
RESERRONS LES RANGS MAINTENANT PLUS QUE JAMAIS ! (2008-05-01) L'idée de Progrès en 2008 (2008-04-30) La Poste belge a-t-elle encore un avenir et si oui lequel ? (2008-03-15) L’Education, thème pour les élections communales 2006 (2005-06-30) Etre socialiste aujourd'hui (2005-06-17) Faut-il légaliser la prostitution ? (2005-02-01) |
Bruxelles, le 17 juin 2005 ETRE SOCIALISTE AUJOURD’HUI Camille DIEU, Députée fédérale Quand on m’a demandé de traiter de la question suivante : comment être socialiste aujourd’hui ? Qu’est ce que c’est être socialiste aujourd’hui ? Ou encore comment définir le socialisme aujourd’hui ? Je me suis dit d’abord : eh bien, cela me vaudra le plaisir d’aller retrouver mes amis socialistes et c’est déjà pas mal. Et puis, je me suis réellement interrogée sur le sens de cette question. Y a-t-il donc une différence entre être socialiste aujourd’hui et l’avoir été hier ? Je ne vais évidemment pas vous refaire toute l’histoire du socialisme mais tout de même j’ai été relire le catéchisme du Peuple (Alfred De Fuisseaux 1886), la Charte de Quaregnon adoptée en 1894 et reprise intégralement en 1945 par une décision unanime du Congrès de la Victoire et puis j’ai relu le texte du Congrès Doctrinal de novembre 1974 du PSB – c’était notamment avec nos camarades A. Cools, Leburton, W. Claes... A relire ces textes, oui les choses ont changé : sur la forme et sur le fond. • Sur le fond, parce que les choses essentielles revendiquées par A. Defuisseaux, comme le suffrage universel, ont été acquises grâce à nos luttes. Oh ! Pas tout de suite pour les femmes, mais bon, on y est tout de même arrivés. • Sur la forme et sur le fond, quand on relit la Charte de Quaregnon, où l’on parlait de « transformation de régime capitaliste en régime collectiviste », parce que l’on parlait du « Prolétariat » et en 1974 d’« autogestion » pour les travailleurs dans les entreprises en passant d’abord par le « contrôle ouvrier » (P12). Voilà les principes dont on ne parle plus aujourd’hui, mes chers amis. Mais de tout temps, les socialistes ont voulu, comme le préconisait déjà la Charte de Quaregnon, et je cite : « assurer à tout être humain la plus grande somme possible de liberté et de bien-être » ou encore « poursuivre l’émancipation économique, morale et politique du prolétariat ». Inlassablement, c’est ce que nous faisons encore aujourd’hui, avec des hauts et des bas, c’est vrai, en fonction d’une part des forces dont nous disposons, - car nous ne sommes jamais seuls à gouverner en Belgique – et d’autre part, de l’évolution de la société. Car la société est en constante mutation. Le monde se transforme, la société se métamorphose et il est normal que les valeurs se modifient aussi. Dès lors, il importe pour nous, socialistes, de réaffirmer nos valeurs fondamentales : liberté, égalité, fraternité, émancipation économique et sociale. Il importe que nous soyons les porteurs d’une morale forte face à l’évolution constatée dans de nombreux domaines. C’est ainsi que nous nous sommes prononcés dans son temps pour l’émancipation de la femme en affirmant en 1974 que « la sexualité n’a pas la procréation pour but unique et exclusif et que la seule obligation dans se domaine est le respect mutuel » et juste avant « le socialisme appelle une nouvelle morale sexuelle ». Et bien, nous avons réalisé cela aujourd’hui. D’une part parce que la science a permis la mise au point de la pilule contraceptive, une découverte essentielle, rendue abordable par son remboursement mutuelliste - elle est même gratuite pour une catégorie de jeunes filles. La science a ici servi la femme et le couple. D’autre part, parce que notre parti a défendu les homosexuels, leur mariage et leur désir d’adoption. Mais dans le même temps, nous voyons apparaître le problème des mères porteuses, du clonage. Les limites morales et scientifiques sont donc toujours repoussées et il importe d’être vigilants, de veiller au respect des règles éthiques et de la dignité humaine. Je pourrais parler de la même manière des communications qui ont connu un essor fulgurant en quelques années grâce à l’informatique. Les progrès ont été considérables et nous ne pouvons pas tourner le dos à la modernité, car ce serait tourner le dos au progrès. Pourtant, là aussi, nous devons réaffirmer notre éthique et faire en sorte, par exemple, que les enfants ne puissent pas avoir accès à des sites dangereux, tournés vers la pornographie, la pédophilie, … Nous restons aujourd’hui et encore plus qu’hier confrontés au grand problème de l’emploi, surtout l’emploi des jeunes, des personnes handicapées, des femmes, des allochtones. Ce qui nous amène à la question de l’enseignement, de la qualification et de la formation professionnelle. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons nous battre pour l’emploi. Mais ce n’est pas nous qui créons l’emploi, nous ne pouvons intervenir que sur les conditions de création de l’emploi. Alors bien sûr les Libéraux ne souhaitent qu’une chose : que l’on réduise les charges sociales qui entravent, disent-ils avec les patrons, la compétitivité de nos entreprises ; que l’on diminue le poids fiscal qui pèse sur les entreprises et sur les particuliers. Certes, nous, socialistes, devons ramener cela à un juste équilibre par rapport au financement de la Sécurité Sociale et par rapport à ce qu’il nous reste de Services Publics. Parce que s’il n’y a plus assez d’emploi et plus assez de cotisations sociales, comment arriver à payer nos pensions, nos allocations familiales, les revenus de remplacement, etc. ? Voilà l’un de nos combats essentiels, à nous, socialistes d’aujourd’hui. Car nous devons toujours rester les garants de l’émancipation des travailleurs (individus) et de la société. Et c’est un exercice difficile, croyez-moi, dans une société libérale et capitaliste à l’échelon mondial. Le capital en effet s’est restructuré, mondialisé, on parle de « globalisation ». Le libéralisme a mis en place des structures comme l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services). Ce sont des outils que l’on peut utiliser dans deux sens antinomiques, l’ultralibéralisme ou la volonté de réguler les marchés en favorisant l’activité économique dans le respect de finalités sociales. A l’évidence, c’est ce défi vital que le socialisme se doit de relever aujourd’hui : défendre sans relâche un monde social et solidaire. Voilà à mon sens ce que doit être notre attitude socialiste d’aujourd’hui et de demain surtout. Car si je ramène cela au débat européen de ces quelques mois, je vous dirai ceci : je crois moi, pour ma part, dans l’Europe et pourtant je me suis battue au Parlement contre la directive Bolkestein, dont vous avez certainement entendu parler, la directive sur les services du marché intérieur européen. C’est important d’harmoniser les règles européennes à cet égard pour être forts face aux Etats-Unis ou à la Chine. Regardez le tort que fait la Chine à notre industrie textile ! Pourquoi ? L’OMC aurait pu se charger de ce type de régulation. L’Europe, quant à elle, a mis du temps à réagir, même si aujourd’hui, un accord minimaliste a pu être trouvé avec la Chine. Et c’est surprenant de voir que parfois, dans un cadre comme celui-là, on demande plus à l’Europe, mais quand on veut construire plus, politiquement, certains la rejettent, surtout pour des raisons nationalistes (rejet de l’étranger) ou d’insatisfaction des politiques nationales. Nous socialistes d’aujourd’hui, nous souhaitons une harmonisation des règles du travail, des règles sociales en Europe. En effet, celles-ci permettent de lutter contre les délocalisations d’entreprises vers des pays où il y a moins de protection sociale comme c’est le cas dans les pays qui viennent d’adhérer à L’Union. Mais nous nous opposons bien sûr à un nivellement de ces règles du travail par le bas ! ! Alors voilà, chers amis, je pourrais parler encore longtemps de ces sujets-là. Mais il faut conclure…Et j’aimerais conclure en vous disant que le socialisme se doit d’être toujours révolutionnaire, d’être de l’avant, de ne pas être à la traîne, sous peine de mourir. Il nous faut être révolutionnaires pour changer les esprits, les mentalités, l’individualisme, l’égoïsme, le repli sur soi : pour assurer la paix et la sécurité. Il faut toujours oser parler, convaincre. Il faut oser agir. Etre socialiste aujourd’hui comme hier, c’est être plus qu’un électeur passif, désabusé et amer, c’est devenir un militant actif. C’est donc être digne de ceux qui nous ont précédés. C’est ne pas se résigner, car la résignation est un suicide quotidien. Et je voudrais ici, rendre hommage à Arthur Haulot, aujourd’hui disparu, et terminer par la lecture d’une petite note de lui (Lettre à un jeune socialiste, PAC, N°3 Avril 1998) : « Il faut voler plus haut » « Voler plus haut c’est s’arracher aux bassesses, aux compromis, aux petites combines. Voler plus haut, c’est tendre tout son être vers plus de liberté, plus de dignité, plus de lumière. Voler plus haut, c’est exiger de soi le meilleur dont on est capable. C’est miser sur l’honneur, sur la volonté du dépassement de soi. C’est au plan politique, miser sur l’idéal d’une société fraternelle, où l’homme se prend en charge avec courage, espoir et détermination. Pour moi, vois-tu, être socialiste c’est cela, rien de moins, rien de plus ». |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||