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RESERRONS LES RANGS MAINTENANT PLUS QUE JAMAIS ! (2008-05-01) L'idée de Progrès en 2008 (2008-04-30) La Poste belge a-t-elle encore un avenir et si oui lequel ? (2008-03-15) L’Education, thème pour les élections communales 2006 (2005-06-30) Etre socialiste aujourd'hui (2005-06-17) Faut-il légaliser la prostitution ? (2005-02-01) |
Mesdames et Messieurs, Chères Amies et chers Amis, Chères et Chers Camarades, Peut-on encore croire à l’idée de “ progrès “ en ce début du 21e siècle ? La recherche du progrès, défini selon le dictionnaire Hachette comme “ l’évolution de l’humanité ou de la civilisation vers un état supérieur “ a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? Le progrès de l’humanité souvent lié à celui des sciences et des techniques aurait dû, à la fin du 20e siècle, être à cet égard probant. N’a-t-on pas, en effet, assisté à un développement rapide et sans précédent des savoirs et des innovations technologiques ? Tant de choses qui nous apparaissent aujourd’hui du domaine de la modernité accessible à un grand nombre ont été réalisées ! Et pourtant, et dans le même temps, les hommes n’ont cessé de se déchirer et de s’entretuer pour des causes apparemment éloignées, mais souvent liées : les carnages des deux grandes guerres mondiales, les conflits meurtriers qui ont marqué la dernière moitié du 20e siècle, en Asie, en Afrique, au Moyen - Orient et plus près de chez nous, les déchirements civils dans la vieille Europe ne sont ni le signe d’un progrès humain moral ni la marque du bonheur social enfin trouvé. Les connaissances approfondies que nous avons aujourd’hui du monde qui nous entoure n’ont pas fait, semble-t-il, reculer la barbarie. Peut-on, dès lors, dire que l’évolution a été positive ? Il est dif?cile de répondre à cette question de manière brutale et décisive, car dans le même temps, et dès la ?n du 19e siècle, des hommes et des femmes se sont unis sous la bannière socialiste, parce qu’ils pensaient que les hommes, tous les hommes, trouveraient le bonheur dans une société égalitaire, solidaire, fraternelle. Alfred Defuisseaux demande à l’ouvrier belge en 1886 : Question : Qu’est-ce qu’un homme libre ? Réponse : C’est celui qui vit sous un régime de lois qu’il s’est volontairement données. Question : A quoi reconnaissez-vous en Belgique l’homme libre de l’esclave ? Réponse : En Belgique, l’homme libre est riche, l’esclave est pauvre. Question : Que faut-il donc pour faire d’un esclave un homme libre ? Réponse : Il faut lui donner le droit de vote, c’est-à-dire établir le suffrage universel. Il aura fallu aux socialistes encore quelque trente années pour l’établir, ce suffrage universel, mais ils ont réussi, du moins pour les hommes. Car alors-là, permettez-moi d’adresser un petit clin d’œil aux femmes de cette assemblée : nous, les femmes, n’est-ce pas, nous attendrons encore quelque 25 à 30 années pour pouvoir voter. Mais bon, 117 ans après le Catéchisme des femmes du peuple du même Alfred Dufuisseaux, il y a autant de femmes que d’hommes sur les listes du parti, ce qui vous vaut l’immense chance de m’avoir devant vous aujourd’hui ! La Charte de Quaregnon adoptée en 1894 et une deuxième fois intégralement en 1945, donnait aux socialistes un objectif fondamental : “ assurer à tout être humain la plus grande somme possible de liberté et de bien-être “, objectif incompatible avec “ le maintien du capitalisme qui divise la société en deux classes nécessairement antagonistes “, dès lors que “ le socialisme doit poursuivre l’émancipation économique, morale et politique du prolétariat “. C’est ce que les socialistes ont fait, n’est-ce pas, inlassablement, sans doute avec des hauts et des bas, selon les coalitions et les forces dont nous disposions, parti, organisation syndicale, mutuelle, mais des résultats sont là en matière de soins de santé, logement, éducation, culture, protection sociale, pensions, justice, exercice de la démocratie. Des résultats sont là, à l’évidence, mais il nous reste encore bien des choses à accomplir. Ici et ailleurs. Il nous reste encore bien des cancers à éradiquer, physiques ou sociaux. Le grand capital se restructure en fonction des obstacles que lui barrent la route ici et là, il délocalise ses entreprises pour tirer plus de pro?t, nous replongeant dans l’angoisse du non emploi et nous relançant un nouveau dé?. L’Europe se construit, mais dans la voie de la libéralisation des Services Publics qui pourtant ont été et restent toujours un vecteur de redistribution des richesses nées de l’impôt et cela au pro?t des plus défavorisés. Si nos soins de santé sont d’un niveau excellent, nos nouveaux pauvres commencent à ne plus y avoir accès et ailleurs dans le monde, des enfants meurent à une cadence effrayante : un toutes les trois secondes. Le temps que je vous le dise, un deuxième est parti. L’éducation, notre école publique, est ouverte à tous, il est vrai, mais il est temps de redonner con?ance à ses enseignants, temps de revaloriser notre enseignement professionnel, comme il est temps de rendre accessible, en termes ?nanciers et de réussite, notre enseignement supérieur aux enfants des classes sociales les plus défavorisées, en-dehors de toute compétition marchande. Il y va de l’avenir de la Wallonie, il y va aussi de l’espérance que nous pouvons rendre à nos jeunes citoyens trop souvent enlisés dans l’exclusion et le marasme qu’elle engendre et donc de plus en plus soumis aux tentations de la rue dans un monde de plus en plus violent. Plus d’Etat, dirons-nous, pour nos fonctionnaires, nos cheminots, nos enseignants, nos administrations locales et régionales. Et dans le même esprit, plus de couverture sociale pour nos petits indépendants, si nécessaires au renouveau économique et social de notre Région. Plus de sécurité d’existence, plus de démocratie, plus de paix, plus de douceur donc. Mesdames et Messieurs, Chères Amies et Amis, Chères et Chers Camarades, la responsabilité des hommes et des femmes politiques - et singulièrement des socialistes - demeure entière aujourd’hui : elle consiste toujours à affronter et à gérer - dans l’intérêt de la classe sociale dont nous nous revendiquons - les con?its nés de l’action d’un capitalisme de plus en plus dur, fondé sur une économie mondialisée. Un Hennuyer (d’installation récente) nous af?rme depuis peu que nous sommes “ libres de ne pas voter par habitude “. Sans doute nous prend-il pour des sots - pour utiliser un doux euphémisme. Car oui, nous sommes libres de ne pas tout foutre en l’air, oui, nous sommes libres de continuer à vouloir cette société fraternelle et solidaire dont je parlais tout à l’heure. Oui, nous sommes libres de lui apporter cette seule réponse possible : demain, le monde sera un village socialiste...si nous le voulons ainsi, tous ensemble. Je vous remercie de votre attention. |
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