Ce mercredi 5 novembre 2008, en Commission de l’Intérieur, Camille DIEU s’est insurgée contre le durcissement par la Secrétaire d’Etat Annemie Turtelboom des conditions d’accueil des étudiants étrangers hors Union Européenne (2008-11-06)

Travail intérimaire : mettons fin aux abus ! Les députés Camille DIEU, Linda MUSIN et Yvan MAYEUR ont déposé une proposition de loi visant à renforcer les droits des travailleurs intérimaires. (2008-11-03)

Camille DIEU devient Secrétaire de la Chambre pour le PS. (2008-10-14)

(2008-10-06)

(2008-10-06)

Question de Mme Camille Dieu au secrétaire d'État chargé de la Préparation de la Présidence européenne, adjoint au ministre des Affaires étrangères, sur le 'contact informel' avec l'Espagne et la Hongrie en vue de la préparation de la présidence belge de l'UE. (2008-07-08)

LIEN VERS LE TEXTE INTEGRAL DE LA PROPOSITION DE RESOLUTION VISANT A INSCRIRE LE DROIT A L'ENERGIE DANS LA CONSTITUTION (2008-06-25)

COMMUNIQUE GROUPE PS : INSCRIRE LE DROIT A L'ENERGIE POUR TOUS DANS NOTRE CONSTITUTION (2008-06-12)

DOUR FESTIVAL - DOUR COMMUNAL, CA RIME ! (2008-06-10)

A MONS: LE PS ET L'IEV VOUS INVITENT A UN COLLOQUE LES 20 ET 21 JUIN (2008-06-10)

ARTICLE PARU CE 29 MAI DANS 'VERS L'AVENIR' - SERVICES PUBLICS : CREER DES AGENCES POSTALES COMMUNALES (2008-05-29)

SEANCE PLENIERE DU 21 MAI 2008 / COMPTE-RENDU INTEGRAL DE L'INTERVENTION DE CAMILLE DIEU A PROPOS DE LA SECURITE SOCIALE ET DE LA SOLIDARITE INTERPERSONNELLE (2008-05-21)

NOTE PEDAGOGIQUE D'ELIO DI RUPO A PROPOS DE BHV : POURQUOI CE N'EST PAS SI FACILE. (2008-05-15)

INTERVENTION D'ELIO DI RUPO / SEANCE PLENIERE DE LA CHAMBRE DU 08 MAI 2008 (2008-05-08)

DISCOURS DU 1ER MAI 2008 (2008-05-01)

COMMUNIQUE DE PRESSE PS - JOURNEE INTERNATIONALE POUR LA SECURITE ET LA SANTE (2008-04-28)

CAMILLE DIEU DEPOSE UNE PROPOSITION DE RESOLUTION PORTANT CREATION D’AGENCES POSTALES COMMUNALES EN BELGIQUE (2008-04-25)

ARTISANS DU PROGRES DU 14 AVRIL 2008 (2008-04-14)

POURQUOI J'AI VOTE EN FAVEUR DU TRAITE DE LISBONNE (2008-04-10)

EN ROUTE POUR UN DEUXIEME MANDAT (2007-12-23)

ALLOCUTION DU 8 MAI 2007 / COMMEMORATION DE LA FIN DE LA GUERRE 1940-1945 (2007-05-08)

INTERVIEW DE CAMILLE DANS L'ECHO DU 2 MAI 2007 (2007-05-03)

SEANCE PLENIERE DU 29 MARS 2007 - INTERVENTION DE MADAME CAMILLE DIEU : PROPOSITION DE LOI MODIFIANT LES LOIS RELATIVES A LA REPARATION DES DOMMAGES RESULTANT DES MALADIES PROFESSIONNELLES (2007-03-29)

LA PROPOSITION DE LOI DE CAMILLE DIEU PREVOYANT L'AUGMENTATION DES INDEMNITES POUR LES 55.000 TRAVAILLEURS AGES DE PLUS DE 65 ANS VICTIMES D'UNE MALADIE PROFESSIONNELLE A ETE VOTEE EN COMMISSION DES AFFAIRES SOCIALES CE MERCREDI 21 MARS 2007. ELLE SERA D’APPLICATION DES LE 1er JUIN 2007. (2007-03-21)

CAMILLE DIEU SERA DEUXIEME SUPPLEANTE A LA CHAMBRE LORS DES ELECTIONS FEDERALES DU 10 JUIN PROCHAIN (2007-03-19)

COMMUNIQUE DE PRESSE DU GROUPE PS DE LA CHAMBRE : EN REPONSE A UNE QUESTION ORALE DE CAMILLE DIEU POSEE EN COMMISSION DE L'INTERIEUR, LE MINISTRE, M. PATRICK DEWAEL, A ANNONCE QUE L'ECOLE PROVINCIALE DU FEU DU HAINAUTA ETE RETENUE POUR L'ORGANISATION DE LA FORMATION « FLASH OVER ». CETTE ECOLE SERA L'OPERATEUR POUR LES SAPEURS-POMPIERS FRANCOPHONES. (2007-03-07)

QUESTION DE MME CAMILLE DIEU AU VICE-PREMIER MINISTRE ET MINISTRE DE L'INTERIEUR SUR L'ETAT D'AVANCEMENT DU CENTRE DE FORMATION FLASH OVER EN WALLONIE ET DU DOSSIER INTRODUIT PAR LA PROVINCE DU HAINAUT DANS LE CADRE DES FONDS SEVESO (n° 14240) (2007-03-07)

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 02/03/2007 : CAMILLE DIEU, DEPUTEE FEDERALE - BILAN DE SON ACTION PARLEMENTAIRE (2007-03-02)

CAMILLE DIEU VOUS SUGGERE LA LECTURE DE CET ARTICLE DU JOURNAL (2007-02-05)

COMMUNIQUE DE PRESSE DE CAMILLE DIEU, DEPUTEE FEDERALE : IMPACT DES TRANSPORTS AERIENS SUR LA PRODUCTION DES GAZ A EFFET DE SERRE (2007-02-01)

LES CHANTIERS DE DEMAIN - CAMILLE DIEU DEFEND LES SERVICES PUBLICS (2007-02-01)

INTERVENTION SUR LA NOTE DE POLITIQUE GENERALE DE M. BRUNO TUYBENS (2006-12-01)

LE PS S'OPPOSE A LA PROPOSITION DE DIRECTIVE MC GREEVY RELATIVE A LA LIBERALISATION DU SECTEUR POSTAL (2006-10-18)

Rentrée parlementaire (2005-10-11)

Entreprises publiques autonomes (2003-12-11)

Octobre 2003 (2003-10-01)

Frameries, le 6 octobre 2008

"Améliorer le pouvoir d'achat de nos concitoyens, une utopie ou une réalité socialiste ?"

Camille DIEU, Députée fédérale.

Chères amies, chers amis,

Il y a un peu plus d’un an, nous nous trouvions ici, dans cette salle, pour retracer ensemble la longue et lente progression des femmes en politique, leurs combats et leurs victoires. Le bilan que nous avions pu dresser ensemble, même s’il faut se dire que l’on peut toujours plus et mieux, était loin d’être défavorable. Au contraire. Les femmes en politique y arrivent à la force de leur motivation, de leur travail et de leurs compétences.

Lorsque nous nous sommes rencontrés alors, rien ne laissait présager le recul du PS aux élections fédérales de juin 2007, son éviction du pouvoir dans un premier temps puis son retour au gouvernement suite à l’échec de l’« Orange-Bleue », et dans le même temps, la dégradation alarmante du pouvoir d’achat des Belges. Et surtout rien ne laissait présager de la crise financière que nous connaissons actuellement.

Pourtant, le travail de la Gauche lors de la précédente législature – de 2003 à 2007 - avait été intense, pour défendre les acquis sociaux, - contre la Directive Bolkestein, par exemple, ou encore contre le démantèlement de nos services publics (ex : La Poste), ou encore pour défendre les soins de santé, un domaine essentiel, qui conditionne la qualité de vie et participe au bonheur et au bien être de chaque individu. Un domaine où le Ministre Demotte avait réussi l’exploit de dégager un bonus budgétaire par dessus le marché !
+ loué par les Flamands !
(Imputation du recul : ex : affaires de Charleroi).
A partir de juin 2007, vous vous souviendrez comme moi de la lenteur des négociations pré-gouvernementales. Les problèmes institutionnels - dont je ne parlerai pas aujourd’hui, rassurez-vous, - faisaient l’actualité et entravaient toute véritable négociation et action gouvernementale.

Et il a fallu que toutes les forces vives se mobilisent lors de la manifestation syndicale du 15 décembre 2007 pour qu’enfin, après six mois de palabres, de détérioration de l’image de la Belgique à l’étranger et de dégradation de la situation sociale, les négociateurs politiques comprennent ce que nous disions depuis des mois : il fallait s'occuper des vrais problèmes des gens à savoir la hausse des prix de l'alimentation, de l'essence, du mazout et des loyers. Il était urgent de prendre des mesures pour augmenter le pouvoir d'achat, pour renforcer la sécurité sociale fédérale et promouvoir une fiscalité plus équitable.

Ces revendications de nos concitoyens ont été saisies à bras le corps par le PS dès son arrivée au Gouvernement, enfin constitué, le 21 décembre 2007. Car vous le savez, la droite se préparait déjà, certains partis en tête, - ceux-là même qui avaient prôné « leur politique sociale » pendant la campagne électorale jusque sur nos terres (socialistes) du Borinage – la droite donc, fidèle à elle-même quoi qu’elle en dise – se préparait donc à sabrer dans les acquis sociaux, toutes voiles dehors…

A ce moment-là, alors que la Belgique fédérale se voyait confrontée à l’une des phases institutionnelles la plus difficile de son histoire, les bien nantis, aux hauts salaires et à l’abri de toute conjoncture, s’accordaient à dire qu’il fallait limiter les revenus des …moins favorisés… ! N’a-t-on pas parlé à l’époque, de toucher à l’indexation automatique des salaires ? Ou de limiter l’octroi des allocations de chômage et des allocations familiales ?

Heureusement, dès janvier 2008, la Gauche a pu se remettre au travail…Et il y en avait du travail…Car à côté de nos problèmes institutionnels, la hausse mondiale des prix du pétrole avait porté un coup supplémentaire au pouvoir d’achat des Belges. Car qui dit pétrole, dit énergie, dit mazout de chauffage et essence de plus en plus chers. Comme si l’augmentation des loyers et celle des denrées alimentaires ne suffisaient pas…

Avant d’aller plus loin, je voudrais tout d’abord revenir sur cette notion du « pouvoir d’achat ».
Le pouvoir d’achat. Comment pourrait-on le définir ? Comment calcule-t-on le pouvoir d’achat ? Qu’est-ce que le pouvoir d’achat ?
En économie, le pouvoir d'achat correspond à la capacité d'achat d'un revenu donné. C’est une définition bien sèche à mon goût…

Ainsi, le pouvoir d'achat d’un salaire se définit par la quantité de biens et de services que l'on peut acheter avec une unité de salaire. Cela dépend bien sûr du coût de la vie, c’est-à-dire du niveau général des prix. Le calcul du pouvoir d'achat est donc complexe car il doit tenir compte à la fois des prix et des revenus.
Si les prix augmentent alors que les salaires sont constants, le pouvoir d'achat diminue. Inversement, il augmente quand la hausse des salaires est supérieure à celle des prix.

Puisque nous parlons de prix et de revenus, je voudrais revenir sur les notions-clés qui interviennent lorsque l’on parle de pouvoir d’achat.

 On distingue ici la fixation des salaires dans le secteur public (explications : sectoriel et intersectoriel) et dans le secteur privé (salaire minimum par secteur), le calcul des pensions différentes dans le secteur public et dans le privé, le montant des rentes pour maladies professionnelles, accidents du travail ou personnes handicapées, la fixation des revenus de remplacement (maladie, invalidité, intégration sociale : CPAS, chômage)…

 On distingue encore la notion de liaison au bien-être - c’est-à-dire l’ajustement de certaines allocations sur les salaires des actifs -, de l’indexation automatique des salaires. Et quand on parle d’index, encore faut-il savoir duquel on parle !

 La Belgique est (pratiquement) le seul pays au monde à appliquer un mécanisme d’indexation automatique des salaires en vue de préserver le pouvoir d’achat. Cette indexation se fait sur base de l’indice des prix à la consommation. (←1920)

Ce mécanisme d’indexation repose sur un panier d’aujourd’hui 507 produits et services, le fameux panier de la ménagère qui reflète l’évolution du prix des produits et services consommés par un ménage moyen sur une certaine période.

Certaines prestations telles que les pensions alimentaires, rentes viagères, etc. sont adaptées en fonction de cet indice des prix.
A côté de l’indice des prix à la consommation existe l’indice santé : il ne reprend ni les carburants à l’exception du LPG, ni les boissons alcoolisées, ni le tabac.

Lorsque cet indice dépasse un niveau déterminé (l’indice pivot), les salaires augmentent automatiquement. Cet indice vise donc à préserver le pouvoir d’achat d’un ménage moyen.

Pourquoi a-t-on retiré le prix du baril de pétrole de la composition du panier de la ménagère ?

L’expérience des chocs pétroliers connus dans les années 70 a montré que les salaires, en augmentant à la même vitesse que l’inflation, entraînaient une explosion des coûts salariaux pour les entreprises. Cette situation réduisait fortement leur part de marché car elles n’étaient plus compétitives sur les marchés extérieurs.

Pour palier ces pertes de marchés énormes, les entreprises ont alors eu recours à une automatisation de plus en plus importante et à de nombreuses délocalisations vers les pays plus « favorables », ce qui a conduit à de nombreux licenciements, au maintien au chômage des jeunes diplômés non qualifiés, etc.

Ce système d’indexation a donc eu un impact très négatif dans l’ensemble. C’est la raison pour laquelle le prix du baril de pétrole a depuis été retiré de la composition du panier de la ménagère.

Ce système d’indexation est donc régulièrement adapté. Il est placé sous le contrôle de la commission de l’Indice laquelle réunit des professeurs de différentes universités, les organisations représentatives des employeurs et les organisations représentatives des travailleurs.

Jusqu’en 2006, les salaires ont augmenté la plupart du temps plus rapidement que sous le simple effet de l’indexation : les salaires ont augmenté de 3,2% en moyenne, soit une augmentation supérieure à l’inflation (laquelle a été de 1,79% en moyenne en 2006) et ce, sous l’influence des accords pris entre les employeurs et les travailleurs dans des CCT et dans le cadre de négociations salariales individuelles.

Mais depuis 2007, les choses ont bien changé, nous le savons, et la détérioration du pouvoir d’achat des gens est devenue une réalité : fortes augmentations des prix, essentiellement des produits alimentaires et de l’énergie (carburant, mazout de chauffage, gaz et électricité) et des logements (tant à l’achat qu’à la location).
Ainsi, de 2000 à 2007, Test Achats a calculé l’évolution de différents prix :
1. Les carburants :
+ 37,5% pour l’essence sans plomb,
+ 41% pour le diesel,
+ 97 % pour le mazout de chauffage
2. L’eau : + 34,6%
3. Le gaz : +25%
4. Les loyers : + 18% entre 95 et 2005
5. Les services bancaires : +8,4% depuis janvier 2006
6. Les primes d’assurances incendie : +6,8%
7. Le domaine alimentaire, le plus touché :
le lait (+ 20%), les œufs (32%), les pistolets (+ 39%),les
pommes (+46,5%), les pommes de terre (+68%)

Vous savez comme moi que ce qui modifie le pouvoir d’achat à un même niveau de revenu et crée des disparités entre les Belges, c’est par exemple le fait :

- d’être en bonne santé ou pas, (remboursement performant,
mais…)
- de vivre seul ou en couple,
- d’avoir des enfants ou pas,
- d’être propriétaire de son logement ou pas,
- d’avoir besoin d’une voiture ou pas, (zone rurale)
- d’avoir un accident de la vie (divorce, perte d’emploi,
maladie, …)

Vous le savez sans doute, la Belgique compte parmi les vingt pays les plus développés au monde, et chose interpellante pour ceux qui, au quotidien, vivent la dure réalité sociale, la Belgique compte parmi les « pays riches ». Globalement, le niveau et la qualité de la vie y sont supérieurs à ceux qui prévalent dans une grande majorité de pays. Pourquoi ? Parce que nous, socialistes, avons mis en place tout un système de protection sociale extrêmement performant.

Mais malheureusement, nous devons constater que tous ses citoyens ne participent pas de la même manière à cette prospérité générale. Ainsi, en Belgique, 14,7 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Il s’agit d’une moyenne (17 % en Wallonie et 11.4 % en Flandre).

Quelques chiffres (extraits du rapport sur la pauvreté de JM Delizée)

* http://www.ps.be/toutelactu/lesdossiers/luttecontrelapauvrete/

Seuil de la pauvreté :
- Moins de 860 € /isolé
– Moins de 1200 € pour une famille monoparentale avec enfant(s)
– Moins de 1800 € ménage + 2 enf.*

 Un million 470.000 personnes disposent d'un revenu inférieur à 60% du revenu médian en Belgique, soit un revenu de 10.316,44 € par an ou 860 € par mois pour un isolé ou soit 21.664,52 € par an ou 1.805 € par mois pour un ménage.

 La pauvreté en Belgique est plus importante que dans les pays voisins tels que les Pays-Bas (10%), l’Allemagne et la France (13%), et le Luxembourg (14%).

Pour contrer cette situation sociale inacceptable, le Gouvernement fédéral, par l’action de notre ami, Jean-Marc DELIZEE, Secrétaire d’Etat à la lutte contre la pauvreté (obtenu du PS) -, a mis en œuvre en juillet dernier un Plan Fédéral de lutte contre la pauvreté. Ce plan a pour objectif de « réduire la pauvreté et d’augmenter le pouvoir d’achat, visant en priorité les plus vulnérables de notre société.»

Nous le savons, la pauvreté n'est pas née aujourd'hui, nous allons le voir maintenant à travers les divers témoignages extraits de la lettre-vidéo adressée par Patric JEAN à Henri STORCK, Les Enfants du Borinage.

Avec l’accord de l’auteur, en voici quelques extraits.

Projection d'extraits du film de Patric JEAN, les Enfants du Borinage.

.../

Ces images datent de plus ou moins 10 ans. Même si les choses ont changé depuis, aujourd’hui encore, les inégalités croissantes au sein de la population sont telles qu’elles sont devenues alarmantes et interpellent et le monde politique et la société civile toute entière.

Le plan élaboré par Jean-Marc Delizée a donc un double objectif : prendre des mesures immédiates qui soulageront les personnes les plus touchées mais aussi faire évoluer les mentalités, faire comprendre à tous que les parcours de vie sont divers et parfois faits d’accidents, de traumatismes, de souffrances, de déficiences.

Mieux comprendre permet de lutter contre la culpabilisation des personnes précarisées. Nous savons en effet que les ‘a priori’ et les stéréotypes n’aident en rien et conduisent le plus souvent au rejet de l’autre et aux positions extrêmes. Souvenons-nous des années d’avant-guerre et de la progression de l’extrême droite d’alors.
(Entendu à la Chambre = révélateur).

La pauvreté se mesure d’abord de manière « monétaire » et est basée sur les revenus d’un individu ou d’un ménage. Est pauvre, celui qui vit en dessous d’un seuil précisé ci-dessus (tableau JM Delizée). Mais la pauvreté, n’est-elle que cela ! Certainement pas !

La pauvreté est un phénomène complexe, pas seulement liée au revenu, mais aussi aux conditions de vie des personnes, à leur vécu, à leur milieu familial capable ou non de répondre aux besoins affectifs et matériels. Il est dramatique en effet de constater que très souvent la pauvreté se reproduit de génération en génération.

Et donc, au-delà du revenu mensuel nécessaire pour disposer d’un pouvoir d’achat suffisant pour vivre décemment, la politique de lutte contre la pauvreté se doit donc également de faire des propositions pour améliorer les conditions de vie des populations précarisées. Cela passe nécessairement par le renforcement des moyens et des dispositifs permettant aux citoyens d’échapper ou de sortir de la pauvreté.

Dès lors, il est évident que les questions de l’accès à l’emploi, l’accès au soins de santé, du droit à pouvoir disposer d’un logement correct, du droit d’accès à l’enseignement et à la formation professionnelle se trouvent au cœur même du plan de lutte contre la pauvreté que se soit au niveau fédéral ou au niveau régional.

Sur ce document Power Point, j’ai repris les indicateurs – clés de la pauvreté en matière de transmission et de conditions de vie. Les chiffres sont criants :

1. Structure de la population :

Comparaison de la distribution de la population totale et de la population en risque de pauvreté en fonction
• du sexe,
• de l'âge,
• de l'activité la plus fréquente,
• du type de ménage.

Certaines catégories de personnes sont surreprésentées dans la population pauvre :

Population totale Population
en risque de pauvreté
Hommes 49,2 46,8
Femmes 50,8 53,2
Moins de 16 ans 19,1 24,0
16-24 ans 11,0 12,9
25-49 ans 36,5 28,3
50-64 ans 17,8 13,0
65 ans et + 15,7 21,8
Propriétaire 73,9 48,5
Locataire 26,1 51,5
Travailleur 47,6 13,2
Inactif (total) 52,4 86,8
Chômeur 9,0 19,8
Pensionné 20,0 27,0
Autre inactif 22,9 40,0
Isolé 14,7 21,0
Ménage sans enfant 33,4 22,2
(Couple ou autre)
Famille monoparentale 5,8 13,8
Couple avec 1 ou 2 enfant(s) 26,0 16,9
Couple avec 3 enfants ou + 12,5 16,9
Autre avec enfant(s) 7,6 9,2


Comme vous pouvez le voir, plus de la moitié de la population en risque de pauvreté habite dans un logement pris en location, alors que les locataires ne représentent que 26% de la population globale.

Les femmes, les enfants de moins de 16 ans et les personnes de plus de 65 ans, mais aussi et surtout les inactifs, chômeurs, pensionnés ou autres, sont sur-représentés dans la population à risque.

Si l’on observe les différents types de ménages, on remarque que près de 14% des personnes en risque de pauvreté font partie d’une famille monoparentale, alors que ces familles représentent moins de 6% de la population totale.

Parmi les isolés, 23,7% vivent sous le seuil de pauvreté. Ce sont surtout les familles monoparentales dont le revenu mensuel ne dépasse pas 800€ et qui doivent se restreindre sur l’essentiel : la santé, le chauffage, l’alimentation. Car quelle que soit la taille d’un ménage, certaines charges restent fixes : quand je me lève le matin et que j’éclaire ma cuisine pour le petit-déjeuner, que je sois tout seul ou qu’il y ait trois personnes autour de moi, cela ne change rien à ma facture d’électricité.

On voit donc aussi que les ménages avec des enfants sont plus souvent représentés dans la population pauvre, ce qui est surtout le cas pour les familles nombreuses (3 enfants ou plus).


2. Transmission de la pauvreté

EU-SILC* (données 2005), source de référence au niveau européen pour les statistiques de pauvreté
* European Union Statistics on Income and Living Conditions

Situation de la personne Population Population Population
en risque quand elle totale en risque pas en
avait 14 ans de pauvreté risque de pauvreté

Difficultés financières: 5,5 10,4 4,9
Presque toujours
Difficultés financières:
de rarement à souvent 31,7 45,4 29,9

Difficultés financières:
jamais 62,8 44,2 65,2

Père sans diplôme 16,6 34,9 14,6

Père avec diplôme de
l'enseignement primaire
ou secondaire 67,7 53,2 69,3

Père avec diplôme de
l'enseignement supérieur 15,7 11,9 16,1

Mère sans diplôme 18,1 37,8 15,8

Mère avec diplôme de
l'enseignement primaire
ou secondaire 71,4 55,3 73,3

Mère avec diplôme de
l'enseignement supérieur 10,5 6,9 10,9

N'avait pas de frère ni de soeur 12,0 9,1 12,3

Avait un seul frère ou une seule soeur 49,8 38,9 51,2

Avait au moins deux frères ou soeurs 38,2 52,0 36,5


Analyse

Transmission de la pauvreté : de l’examen de ce tableau, il ressort que plus de la moitié (55,8%) des personnes ‘pauvres’ vivaient dans un ménage confronté à des difficultés financières quand elles avaient 14 ans, contre 34,8% pour les personnes qui ont actuellement un revenu supérieur au seuil de pauvreté.

La proportion de personnes dont le père n’avait pas de diplôme est deux fois plus élevée pour les personnes en risque de pauvreté.

Ceci est également vrai pour les mères. Ainsi, 37,8% des mères des personnes ‘pauvres’ ne possédaient pas de diplôme, contre 15,8% des mères des personnes qui ont actuellement un revenu supérieur au seuil de pauvreté.

Plus de la moitié des personnes en risque de pauvreté appartenaient à des familles nombreuses (au moins 3 enfants).


3. La pauvreté : La manière de vivre

Sur base de différents indicateurs non monétaires reflétant la privation matérielle et les conditions de vie des ménages.

Pourcentage de personnes Population Population Population
qui font partie d’un ménage totale en risque pas en risque
confronté au problème de pauvreté de pauvreté
suivant :

Manque d'espace
(moins d'une pièce par personne) 5,5 % 16,8% 3,6%

Problèmes financiers pour chauffer
suffisamment leur logement 14 % 30% 11,3%

Pas le confort élémentaire
(pas bain/douche ou pas
toilettes ou pas eau chaude) 2,7% 6,7% 2%

Logement sombre, très
peu de lumière du jour 9,8% 17,4% 8,5%

Impossibilité de recevoir
des amis une fois par mois 32,4% 7,6% 11,3%

Impossibilité de partir une fois
l’an en vacances pour une semaine 26,5% 63% 20,1%

Impossibilité de manger de la
viande ou du poisson tous les 2 jours
3,8% 11,1% 2,6%

Insuffisance de moyens
pour avoir une TV 0,5% 2% 0,2%

Insuffisance de moyens
pour avoir un PC 7,3% 22,7% 4,6%

Insuffisance de moyens
pour avoir une voiture 7,1% 26,6% 3,7%

Pas de participations à des
activités sociales ou de loisir
hors du domicile 62,7% 80% 59,9%


Analyse
La manière de vivre : globalement, les gens vivant sous le seuil de pauvreté sont systématiquement plus démunis que les gens ne vivant pas dans la pauvreté.

Ainsi, 16,8% des personnes en risque de pauvreté sont confrontés à un manque de place dans leur logement, et disposent de moins d’une pièce par personne, contre 2,7% de la population totale.

De même, 26,6% de ces personnes n’ont pas les moyens de se payer une voiture, un PC (22,7%) ou de recevoir des amis pour manger (32,4%).


Actuellement, la précarisation de ces ménages est d’autant plus grande que les augmentations de prix les plus fortes se manifestent dans des secteurs auxquels ils consacrent une part relativement importante de leurs revenus : énergie, chauffage, éclairage, alimentation, logement.

Une enquête menée par l'Institut pour un développement durable souligne que pour les 10 pc des ménages les plus pauvres, les frais de logement, d'eau, d'électricité et de gaz sont deux fois plus importants que pour un ménage aux revenus moyens.

Ainsi, en raison de l’augmentation des prix des loyers et de l’énergie, on constate que ces ménages perdent en terme de pouvoir d'achat un montant évalué à 335€ par an.

Si l'on ajoute à cela la perspective de hausses des prix de certains produits (lait, pain, électricité, etc.) dans les mois qui viennent et les hausses de loyers plus élevées chez les personnes les plus pauvres, l'étude évalue la perte de pouvoir d'achat potentielle des plus bas salaires à quelque 400 € par an.

Ce contexte de précarité est bien réel et de plus en plus de gens parmi les plus pauvres seront amenés cet hiver à devoir choisir entre se loger, se chauffer et se nourrir… Les CPAS wallons, dans le journal Le Soir du 30 et 31 août 2008 vont plus loin : « Cet hiver, certains devront choisir entre manger et se chauffer ». Un retour en arrière flagrant… Inutile, dans un tel contexte, de parler encore de loisirs, aussi minimes soient-ils, comme aller au cinéma ou s’acheter un journal…

Je voudrais m’attarder maintenant brièvement sur la situation plus spécifique des personnes âgées de plus de 65 ans.

Parmi elles, quasi 1/4 vivent sous le seuil de pauvreté. Par comparaison, la moyenne des 25 états membres de l'Union européenne est de 19%. La situation est donc plus grave en Belgique.

Leur situation socioéconomique est fonction de leur vécu professionnel : elles sont soit pensionnées salariées, indépendantes, bénéficiaires de la GRAPA (70.000 en Belgique) ou pensionnées de la fonction publique. Et vous le savez comme moi, les écarts entre leurs revenus sont fort inégaux. C’est d’ailleurs une inégalité que notre parti s’efforce de réduire et nous avons ici un tableau qui vous prouve que nous avons essayé de réduire ces inégalités.

Au cours de la précédente législature, entre 2003 et 2007, les pensions ont été augmentées comme suit :

Montant 2003 Montant 2007 Evolution

Pension minimum Isolé, salarié 816 885 +69€, +8%
Ménage, salarié 1.020 1.100 +80€, +8%
Isolé, indépendant 620 754 +134€,+19%
Ménage, indépendant 817 996 +179€,+21%

Pension moyenne Isolé, salarié 821 951 +130€,+16%
Ménage, salarié 1.314 1.471 +157€,+12%
Isolé, indépendant 620 740 +120€,+19%
Ménage, indépendant 817 987 +170€,+21%
GRAPA Isolé 597 795 +198€,+33%
Ménage 398 530 +132€, +33%


Nous savons que les pensionnés de la fonction publique bénéficient de la péréquation de leur pension. C'est-à-dire que leur pension est liée au niveau des traitements des actifs. Quand les actifs bénéficient d’une augmentation hors index, les pensionnés en bénéficient également.

Par contre, il n’en va pas de même pour les salariés pensionnés. Ni pour les indépendants pensionnés. Et bien qu’entre 2004 et 2007, près de 200 € par mois supplémentaires leur aient été octroyés afin de réduire de 60 % l’écart entre la pension minimum d’un indépendant et celle d’un salarié, la pension réservée aux indépendants reste beaucoup moins élevée que celle destinées aux salariés et aux fonctionnaires.
(Tous les indépendants ne sont pas égaux non plus en terme de revenus + INASTI)

Si l’on prend en compte l’augmentation brutale des prix des loyers, du carburant, de l’énergie depuis un an, on trouve aussi parmi les personnes touchées par la chute du pouvoir d’achat, mais dans une moindre mesure :

Les salariés, les travailleurs de la fonction publique :

Leurs salaires ne sont indexés que lorsque l’indice pivot est dépassé. Les prix augmentent donc pendant un certain temps avant que les salaires suivent. Il y a donc un certain décalage et donc une période d’affaiblissement relatif du pouvoir d’achat.

Comme je le disais tout à l’heure, certains produits ont été exclus de l’indice santé (carburant, alcool et cigarettes) ; par conséquent, en périodes de forte augmentation des prix des carburants comme c’est le cas depuis des mois, l’indice n’est d’aucune aide et tous les automobilistes souffrent d’une perte de pouvoir d’achat. Nous savons ce que c’est tous les jours…


Augmentation des dépenses dans le même temps (1996 / 2006)…

Paradoxalement, depuis 1996, en analysant les comportements de consommateurs, des chiffres mis en évidence par l’Institut de développement durable montrent qu’entre 1996 et 2006, une grande partie des Belges ont augmenté leurs dépenses de consommation de 16,5%. Chose surprenante en effet car comment dépenser plus quand on a un budget qui stagne ou qui diminue ?

Mais en puisant dans son bas de laine ou en épargnant moins : entre 1995 et 2005, le taux d’épargne des ménages par rapport aux revenus disponibles est passé de 19,2% à 9%... (ou en empruntant / crédit à la consommation plus facile alors…).

La baisse du taux d’épargne des petits épargnants est plus inquiétante pour ses implications sociales qu’économiques : elle traduit clairement le fait que de plus en plus de familles sont à la corde. On se rapproche du schéma de la société américaine : les gens sont amenés à utiliser toutes leurs ressources pour maintenir le niveau de vie du moment, sans avoir les ressources pour bien préparer leur avenir. Un accident de vie peut tout faire basculer.

C’est en partie ce qui explique la paupérisation croissante à laquelle nous sommes confrontés maintenant : de plus en plus de familles sont à la limite, à la merci d’une perte d’emploi, d’une maladie, d’un événement familial qui peut, en un laps de temps très court, les faire basculer dans la précarité. Et à l’heure où nous parlons, des restructurations et des délocalisations dues à la mondialisation de l’économie, à la main d’œuvre moins chère dans les pays de l’UE de l’Est ou des pays émergents comme la Chine et l’Inde sont légion…

J’y reviendrai plus tard.

A tout cela, je voudrais encore dire que même les familles plus classiques avec deux revenus, ressentent qu’il est plus difficile de boucler les fins de mois ! La classe moyenne est aussi frappée par l’érosion du pouvoir d’achat qui diminue.


Aujourd’hui, selon une étude du CRIOC, le Centre de recherche et d’information des Organisations des Consommateurs, publiée fin août, la problématique de la baisse du pouvoir d'achat a poussé ces derniers mois les consommateurs à modifier leur comportement de consommation et à diminuer leurs dépenses dans une série de domaines.
Près d'un consommateur sur trois déclare avoir diminué au cours des 6 derniers mois ses dépenses en matière d'alimentation (28% des sondés), de sorties au restaurant ou au café (29%), en matière de voiture (34%), d'habillement (33%), de télécommunication (30%), d'entretien, de rénovation de son logement (30%) ou encore d'énergie (35%).

Ainsi, 7 sondés sur 10 déclarent avoir réalisé des économies d'énergie à domicile, notamment en utilisant des lampes économiques ou en diminuant le chauffage et en mettant 2 pulls plutôt qu’un !
En outre, un consommateur sur 4 indique avoir coupé dans ses dépenses de loisirs (cinéma, sport, ...), de voyages, d'électroménager et de soins corporels (coiffeur, beauté, hygiène) alors que plus d'un consommateur sur 5 (22%) avoue avoir diminué ses dépenses en matière de tabac ou d'alcool (ça, tant mieux !).

Au niveau de la santé, 14 % des sondés ont diminué les dépenses liées aux soins de santé : médicaments, frais d'honoraires chez le médecin ou le dentiste.

En Flandre, la baisse du pouvoir d'achat semble moins affecter la population qu'en Wallonie et à Bruxelles. "Un taux de chômage différent par région peut sans doute expliquer cette perception", conclut l'étude du Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs.

En conclusion, je dirais qu’en raison du contexte mondial et de la hausse des produits pétroliers, qu’il s’agisse des familles les moins favorisées mais aussi, de plus en plus, des familles des classes moyennes, toutes ont de plus en plus de mal à nouer les deux bouts et voient leur pouvoir d’achat se réduire comme une peau de chagrin.

Alors, pas de quoi s’étonner que le parti socialiste, qui avait conditionné son entrée au Gvt à l’obtention d’avancées sociales, s’est axé sur la défense du pouvoir d’achat des gens et se bat depuis pour que tout soit mis en œuvre pour le préserver. On pourrait d’ailleurs se poser la question de savoir ce qui se serait passé, dans un tel contexte de récession, si le parti socialiste n’avait pas été présent et n’avait pesé de tout son poids dans les décisions au niveau des mesures sociales.

Le 14 juillet dernier, notre Président, Elio di Rupo, dans un communiqué de presse, détaillait les accords conclus et les mesures prises - réforme sociale et bonus fiscal – au sein du gouvernement fédéral.
Depuis septembre 2008, la situation financière mondiale et l'effondrement des bourses ont eu des répercussions chez nous. Les banques FORTIS et DEXIA ont dû être soutenues par le gouvernement belge, contraint d'intervenir financièrement. Leur faillite aurait entraîné une catastrophe au niveau social et économique.

Certaines mesures décidées en juillet ont donc dû être revues mais les objectifs visant au maintien et si possible à l'augmentation du pouvoir d'achat ont été tenus.

Voici donc au niveau fédéral les mesures adoptées :

I. POUR LES TRAVAILLEURS :

1. Les barèmes fiscaux seront adaptés à l’indexation des salaires et des pensions intervenues en 2008. Ceci donnera évidemment à tous une augmentation de pouvoir d’achat en janvier 2009.

2. La déduction pour frais professionnels forfaitaires sera renforcée - à hauteur de 85 millions - soit environ 30 euros par an, qui s’ajoutent aux 50 euros qui sont confirmés chaque année.

3. Pour les travailleurs encore, la défiscalisation de l’intervention de l’employeur dans le trajet domicile – lieu de travail devrait être doublée. Ceci sera négocié par les partenaires sociaux dans le cadre de leurs négociations relatives au prochain accord interprofessionnel.

4. Indexation des salaires : le gouvernement a prévu le budget nécessaire pour l’indexation des salaires de près de 100.000 travailleurs des titres services (par ailleurs augmentés à 7,5 euros).


II. POUR LES PENSIONNES / Budget : 51 millions d'euros

En plus de l'indexation, l’ensemble des pensionnés verront leurs pensions augmenter en juin prochain.
- L’ensemble des pensions augmentera de 1,5%,
- les pensions les plus anciennes augmenteront de 0,5%
supplémentaires pour atteindre 2 %
- et les pensions minimales augmenteront globalement de 3%.

Ainsi, la pension minimale pour une carrière complète atteindra 1000 euros pour un isolé et 1250 euros pour un ménage.


III. POUR LES TRAVAILLEURS INDEPENDANTS : leur pension minimale sera augmentée de 20 euros par mois;


IV. LES AUTRES ALLOCATIONS SOCIALES / Budget : 130 millions d'euros

Les allocations sociales pour invalidité, chômage, maladie professionnelle seront également augmentées, dans certains cas selon des modalités à arrêter par les partenaires sociaux;

V. REVENUS D'INSERTION ET AUTRES ALLOCATIONS LES PLUS BASSES : il seront augmentés de 2% au premier juin 2009;

VI. SOINS DE SANTE / Budget : 390 millions d'euros

- Outre les plans cancer et malades chroniques déjà annoncés par Laurette ONKELINX, citons comme principales mesures :

a. l’extension à 18 ans de la gratuité des soins dentaires
b. la diminution des tickets modérateurs chez le kiné et dans
les visites des infirmières à domicile
c. le remboursement de nouvelles prestations en logopédie et dans
les lunettes
d. un meilleur financement des frais de personnel dans les
hôpitaux ainsi que de la formation des infirmières
e. des moyens conséquents pour la conclusion d’un accord médico-
mut qui garantit la sécurité des tarifs pour les patients
pendant 2 ans.
f. plus de lits et de places d’accueil pour les personnes
atteintes de poly-handicaps

VII. PRIME DE RENTREE SCOLAIRE : la prime de rentrée scolaire est consolidée et étendue aux 0 – 6 ans qui auront une prime de 25 euros.

VIII. AIDE AUX MENAGES A REVENU MODESTES POUR PAYER LA FACTURE
ENERGETIQUE
(revenus nets imposables inférieurs à 26 000 euros contre
23 000 euros aujourd’hui):

Les gens doivent pouvoir se chauffer cet hiver : les socialistes estiment que l’accès à l’énergie est un droit fondamental, un droit qui devrait être inscrit dans la constitution.

J’ai d’ailleurs déposé le 26 juin 2008 une proposition de résolution visant à inscrire dans la Constitution belge le droit d’accès à l’énergie (révision de l’article 23 de la Constitution).

Cette conception étant précisée ici, je voudrais revenir sur le fonds mazout. Vous savez sans doute qu’en juillet dernier, nous vous avions promis que le « Fonds mazout » serait élargi. C’est chose faite maintenant : Marie ARENA, Ministre de l’Intégration sociale, a déposé au Conseil des Ministres début septembre un arrêté royal élargissant les conditions d’accès des bénéficiaires de ce fonds. Souvenons-nous, ce fonds mazout avait été mis sur pied par le Ministre Dupont au cours de la précédente législature.

Cet accès élargi au fonds mazout a pris court le 1er septembre 2008 et est prévu jusqu’au 30 avril 2009. Il faut souligner le fait que les montants alloués sont globalement en hausse par rapport à l’an dernier et fonction des prix payés.

Ce fonds vise plusieurs catégories de citoyens :

1. les personnes à revenus « modestes » / moyens (entre 14.057 et
23.281 euros imposables nets par an) : elles bénéficieront d’une
réduction forfaitaire de 105 euros directement, sans passer par
le CPAS ; la mesure bénéficiera à plus de 200.000 familles.

Cette intervention forfaitaire de 105 euros est également prévue
pour les personnes se chauffant au gaz ou à l’électricité.

2. les ménages à faibles revenus, les personnes qui bénéficient de
l’intervention majorée pour leurs soins de santé, les personnes
surendettées, en médiation de dettes. Pour ces familles, l’aide
maximale est de 300 € contre 240 € l’an dernier.


VIII. AUGMENTATION DES INVESTISSEMENTS / JUSTICE ET SECURITE :

Ils seront augmentés à hauteur de deux fois 14 millions d'euros.


IX. Allocations familiales :

Dès ce 1er octobre 2008, les allocations familiales des familles monoparentales à bas et à moyen revenus ont été augmentées de 20 euros par mois pour le premier enfant. Cette augmentation bénéficie à près de 59.000 familles !

 Enfin, l’harmonisation des allocations familiales des travailleurs salariés et indépendants sera achevée lors de cette législature, ce qui est un souhait des socialistes. Car un enfant vaut un enfant, qu’il soit issu d’un milieu d’indépendants ou de travailleurs salariés.

 Les allocations sociales seront également augmentées de 5% (hors indexation et liaison au bien-être) d’ici la fin de la législature, comme les pensions minimales. C’est le départ du Plan de lutte contre la pauvreté de notre ami JM Delizée et de Marie Arena mentionné tout à l’heure.

Pour le PS il est primordial d’aider les personnes précarisées à sortir de la pauvreté. Le PS se réjouit donc que, sous son impulsion, le Gouvernement poursuive l’effort d’augmentation suivi depuis 2 législatures (puisque ces allocations ont déjà été augmentées de 10%).

5. Plus de solidarité pour les personnes en situation de handicap (action de notre camarade Julie FERNANDEZ)

 Les allocations majorées seront, d’ici 2011, octroyées également aux enfants nés avant 1993.
 Par ailleurs, un soutien supplémentaire sera octroyé aux familles dont un membre souffre de grande dépendance, notamment via des allocations augmentées et des mesures de soutien plus importantes.
 Enfin, les limites de cumul d’une activité professionnelle et de l’allocation d’intégration seront relevées afin d’encourager les personnes en situation de handicap à reprendre une activité professionnelle.

 En outre, la suppression progressive du « prix de l’amour » a été prévue.

6. Les gens doivent continuer à se soigner
Plusieurs initiatives doivent être prises cet automne, notamment pour aider les personnes qui souffrent du cancer :

 Le remboursement du vaccin contre le papillomavirus (cancer du col de l’utérus) sera élargi à toutes les jeunes filles jusque 18 ans,

 le remboursement de certains implants sera amélioré,

 le forfait « soins palliatifs ambulatoires » sera augmenté,

 le trajet du domicile à l’hôpital sera totalement remboursé, etc.

 Comme vous l’avez très certainement appris, Laurette Onkelinx vient de concrétiser les mesures décidées en juillet dernier en faveur des personnes souffrant de maladies chroniques.

 Enfin 306 millions d’euros devraient être versés au Fonds d’avenir. Cette somme supplémentaire nous permettra de faire face aux coûts « soins de santé » que posera le vieillissement à moyen terme.

En 2007, lors de la création de ce fonds, 309 millions d’euros avaient déjà été versés. Au total, ce fonds comptabilisera donc plus de 615 millions d’EUR.



2. Mesures prises au niveau régional et communautaire :

Les gouvernements wallons et de la Communauté française ont pris des mesures pour améliorer notre pouvoir d’achat pour un montant de 80 millions d’euros.
Elles visent des domaines très divers mais néanmoins cruciaux pour les ménages :

« On sait qu’une crise frappe à nos portes et nous n’avons pas voulu rester insensibles », a souligné le Ministre-Président des deux gouvernements, Rudy DEMOTTE. Il a rappelé toutefois que les seules entités fédérées ne pouvaient résoudre tous les problèmes : un plan fédéral est attendu qui agirait directement sur le « salaire poche » des bas et moyens revenus.

Quelles sont ces mesures ?
1. dans le domaines des transports

 Le bus sera gratuit pour les 0-12 ans en Wallonie (c’est déjà le cas à Bruxelles) ; et l’abonnement sera réduit de 50 % pour les élèves de plus de 12 ans ;

 Les personnes bénéficiant du statut Omnio auront dorénavant 25 % de réduction sur leur carte de transport
Ce statut est attribué sur demande (infos auprès des mutualités).
 Les personnes à la recherche d’un emploi en Flandre bénéficieront de la gratuité sur les réseaux TEC et De Lijn.
 Des libre parcours journaliers TEC et De Lijn seront distribués sous certaines conditions par le Forem.
2. Un fonds de solidarité sera mis sur pied pour diminuer le coût des voyages scolaires. Il permettra une intervention allant jusqu’à 100 euros pour les familles qui ont des difficultés à assumer le coût de tels voyages.

3. En ce qui concerne les crèches :

Les deux gouvernements ont veillé à en réduire le coût qui grève le budget de bon nombre de jeunes ménages. Cette année, près de 70.000 enfants de 0 à 3 ans auront fréquenté les milieux d’accueil de la petite enfance, subventionnés ou non, et les parents y auront consacré 45 à 630 euros par mois, selon leurs revenus.

 Pour les familles dont les revenus sont inférieurs à 2.200 euros nets par mois :
chaque année, une réduction sera accordée équivalente à un mois d’accueil en crèche selon le barème de l’ONE, soit de 45 à 265 euros selon les cas. Et cette mesure sera doublée pour les familles dont les revenus sont inférieurs à 3.000 euros.

 Pour les familles dont les revenus oscillent entre 2.200 et 3.000 euros nets :
chaque année, elles recevront un montant plafonné à 200 euros.

 Les familles qui auront deux enfants en crèche simultanément obtiendront une réduction supplémentaire.

 Les autres familles se verront accorder un montant forfaitaire de 125 euros par enfant.

4. Le budget des bourses d’étude sera augmenté de 10 %.

 Cela représentera une augmentation moyenne de 20 euros pour l’enseignement obligatoire et de 100 euros pour l’enseignement supérieur.

 Le nombre de bénéficiaires de bourses pourra augmenter puisque le revenu pris en compte sera revu à la hausse.
Actuellement, 115.000 élèves et étudiants bénéficient d’une bourse en Communauté française.

5. Au niveau de la Région wallonne, l’une des mesures emblématiques est la suppression de la redevance radio à partir du 1er octobre.
Elle est perçue auprès de 830.000 Wallons et leur permettra d’économiser 27 euros par an. L’abrogation de la redevance radio est une première étape avant que ne suive, peut-être, la redevance télévision, bien plus onéreuse.

La Région wallonne est la seule des trois Régions à prélever encore une redevance radio-tv. Sa suppression est réclamée depuis longtemps mais, à de nombreuses reprises, le ministre du Budget, Michel Daerden a expliqué qu’il ne pouvait se passer d’une telle recette (près de 200 millions d’euros).
« A chaque jour sa peine. J’y pense intensément mais mes collègues me disent que ça coûte cher », a ironisé M. Daerden.

6. Des mesures seront prises en matière d’énergie.

Les ménages dont les revenus ne dépassent pas 37.500 euros par an pourront prétendre dès le 1er janvier 2009 à des prêts à un taux de 0 % pour réaliser des travaux d’économie d’énergie. Le ministre de l’Energie, André Antoine, a voulu aider de la sorte les ménages aux revenus modestes qui ne peuvent accéder aux primes « énergie »

Les budgets des deux entités pourront supporter le coût de ces décisions (environ 30 millions d’euros à charge de la Communauté et 50 millions à charge de la Région), a assuré M. Demotte. « Nous n’avons pas fait des promesses que l’on n’aurait pas pu tenir », a-t-il affirmé.

Enfin, je m’en voudrais de ne pas parler de l’action de notre Ministre Didier DONFUT, Ministre de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et de la Santé à la Région wallonne.

Ces mesures, si elles ne touchent pas toujours directement au pouvoir d’achat, améliorent les conditions de vie de nos concitoyens.

- C’est ainsi qu’il a décidé des aides à accorder au parc hospitalier en vue de son renouvellement et de sa pérennisation.
(1.602.850.000 €).

- Il a également voulu la mise sur pied d’un Observatoire wallon de la santé afin de mieux détecter les besoins et d’y répondre de manière adéquate. Ceci complète l’action de lutte contre la pauvreté du fédéral.

- J’ajouterai encore une aide accrue de subvention pour les maisons médicales.

- Par ailleurs, Didier a pris des mesures pour aider les concitoyens à réaliser des économies d’énergie. Ainsi, les familles modestes auront la possibilité de faire appel à des « tuteurs d’énergie » qui seront affectés dans des CPAS (emploi ETP). Leur rôle consistera à assurer un accompagnement individuel efficace des individus et ménages afin de trouver des solutions concrètes pour améliorer leur logement (petits travaux d’isolation, etc.).

Vous le voyez, mes amis, nous ne restons pas inactifs.

D’un point de vue plus global, si le pouvoir d’achat est devenu aujourd’hui la première préoccupation des Belges, il l’est aussi pour 20 millions d’Européens aujourd’hui confrontés au problème du chômage et au défi d’une vie décente. Et que dire des citoyens des pays en développement !

Nous le savons, La Gauche, et Elio, notre Président, en parle avec clarté et conviction dans son récent ouvrage, « Etre socialiste aujourd’hui », la Gauche se bat pour un idéal : un monde meilleur pour tous, un monde juste, solidaire et fraternel. Souvenez-vous : c’était ma propre devise lorsqu’en 2003, je suis « entrée » en politique, comme on dit.

Cet idéal socialiste veut que chacun ait droit au bonheur, à tout ce qui peut l’épanouir : éducation, soins de santé, justice sociale, culture. Ce monde meilleur pour tous, juste, égalitaire, solidaire et fraternel a guidé tous ceux qui, comme Jaurès en France, Emile Vandervelde, Alfred Dufuisseaux puis Jules Destrée chez nous ont propagé la lutte révolutionnaire avec tant d’autres qui se sont battus pour que la vie des ouvriers soit digne et humaine.

Souvenons-nous de ZOLA et des récits – de ces hommes exploités à en mourir, épuisés par le travail, de ces femmes accouchant dans les mines, de ces enfants sous-alimentés, il y a un peu plus de cent ans, chez nous.

Il est clair que sans la volonté de changement, d’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens de la part des partis socialistes, nous ne serions pas là où nous sommes aujourd’hui. Il ne faut jamais l’oublier.

Les années d’après-guerre ont été qualifiées de Welfare State, qui littéralement signifie « l’état de bien-être ». Pourquoi ? Parce que l’on a mis sur pied la sécurité sociale, parce que l’on préservait un subtil équilibre entre l’économique et le social : l’un alimentait l’autre. On trouvait normal qu’une part des bénéfices retourne vers les salaires et qu’il y ait redistribution des richesses.

L’idée dominante était que plus de social impliquait plus de consommation, des gens plus confiants dans l’avenir, des travailleurs plus enthousiastes –et donc plus productifs aussi-, qui pouvaient se permettre de partir en vacances, de s’acheter une télé, un frigo… Progrès social et croissance économique allaient de pair. A cette époque, le patronat était essentiellement local et il avait intérêt à ce que les choses se passent ainsi : pour lui, c’était vital que les gens consomment toujours plus pour soutenir la production.

A partir des années ’80, la mondialisation de l’économie et l’idéologie néolibérale ont tout bouleversé : c’est le bénéfice des actionnaires qui a été mis en avant comme seul et unique moteur de la croissance économique. Et le niveau de vie des travailleurs est devenu une donnée secondaire !

Ce sont ici, en Belgique, les fameuses années des gouvernements Martens – Gol, de sinistre mémoire. Des tas de mesures anti-sociales ont été prises : sauts d’indexation des salaires, suppression de la liaison au bien-être des revenus de remplacement, de l’allocation familiale de rentrée scolaire, suppression du cumul des pensions et des rentes pour maladies professionnelles et accidents du travail, etc.

Tout ça sous-tendu par le sacro-saint principe libéral qui veut que chacun doit en sortir SEUL. Et que donc, la force de la volonté individuelle peut tout. Que celui qui n’en sort pas, ne trouve pas de travail et vit des allocations de chômage « sur le dos de la société » n’a qu’à s’en prendre à lui-même, à son manque de formation, à son manque de courage. Qu’il faut à tout prix et au plus vite mettre un terme à une situation politique laxiste telle que voulue par …..les socialistes, évidemment.

La force de la volonté individuelle, bien sûr, la Gauche y croit mais pour qu’elle puisse s’exercer, cette volonté individuelle, il faut lui créer un cadre de vie social équitable qui offre des «conditions matérielles satisfaisantes et qui combat les injustices et les inégalités* ». * EDR

Car nous savons, nous socialistes, que la force de la volonté individuelle est conditionnée, limitée ou soutenue par le cadre de vie, social et environnemental.

Comme l’écrit et le chante si bien Maxime le Forestier, on ne choisit pas de naître sur les trottoirs de Manille ou dans les rues de Bangkok. Et la force de la volonté individuelle dans ces cas-là est bien peu de chose et ne peut agir sur les leviers du changement.


J’ai brièvement évoqué tout à l’heure la mondialisation de l’économie et les restructurations des entreprises avec parfois délocalisation vers des pays aux conditions sociales moins favorables pour les travailleurs. Très concrètement cela signifie que nos travailleurs sont mis en concurrence avec eux ! Et pour ces entreprises « globales », il n’est plus nécessaire que le pouvoir d’achat soit soutenu dans des pays comme le nôtre.

Car d’abord, nous avons pris des habitudes de consommation qui font que de toute manière, certains peuvent continuer à dépenser (voire la baisse du taux d’épargne dont je vous parlais tout à l’heure) et, ensuite, d’autres marchés s’ouvrent là-bas qui semblent bien plus profitables pour les années à venir.

Ainsi, il est clair que si vous voulez vendre des TV aujourd’hui, les potentialités de marchés seront bien plus importantes en Inde ou en Chine qu’en Belgique! Désormais, c’est dans ces pays-là que le pouvoir d’achat va augmenter... Pas en raison d’une vision sociale des entreprises globales, mais par pur intérêt économique.

Autre preuve de la bonne volonté sociale du libéralisme : les marchés financiers virtuels, ceux qui viennent de s’écrouler et de menacer les petits épargnants.

Nous avons été plongés brutalement dans une crise financière et boursière sans précédent et qui aura des répercussions sur le plan économique.

Si cette crise n’affectait que les banques et leurs gros actionnaires, on pourrait dire : tant pis pour eux. Mais nous savons que ce n’est pas le cas.

Tout a commencé avec le problème des subprimes aux Etats-Unis, prêts octroyés aux propriétaires sur base d'une plus value immobilière. Puis tout a basculé avec un effet domino, y compris en Europe et donc en Belgique. La situation affectait dès lors tous les travailleurs des banques concernées en première ligne, mais aussi les petits actionnaires et les épargnants. Le Gouvernement belge est intervenu de la façon que vous connaissez et il a bien fait. Sans quoi, ce n’est pas seulement une crise financière et boursière que l’on aurait connue mais une grave crise économique et sociale sans précédent. Et ce n’est sans doute pas fini.

Mais il est évident que nous ne pouvons plus admettre de pareilles pratiques de la part des banques et des organismes financiers qui ont fonctionné sans régulation externe, avec des mécanismes de transaction de plus en plus sophistiqués et incontrôlables, y compris finalement par eux, « sans boussole morale » et en s’éloignant de plus en plus de l’économie réelle.

Comme le dit Elio, « nous assistons à "un changement d’époque" bien plus qu’à "une époque de changements", comme l’affirmaient les libéraux pour convaincre qu’il fallait s’adapter aux dérégulations de tout genre.

"Le libéralisme financier a montré ses limites et a révélé toute sa cruauté à l’égard des citoyens" ont affirmé aux Nations Unies les leaders socialistes. Le système financier, souvent soutenu sans réserve par les responsables de droite et autres conservateurs, n’est plus crédible.

Vous voyez, chères amies, chers amis que dans ce contexte mondialisé, il importe plus que jamais de garder le cap, celui des valeurs de la gauche. Car renforcer le tissu social, cela n’a jamais été l’objectif des entreprises, et cela, aujourd’hui beaucoup moins qu’hier hélas encore.
Souvenons-nous de ce film de Chaplin, « Les temps Modernes », où les rouages broyaient l’homme.

Et les hommes politiques de droite voudraient nous faire croire qu’avec eux, cela ira mieux… Cette démagogie est vraiment outrageante pour les valeurs que nous défendons.

Nos valeurs, justement. Celles qui nous sont chères et qui font que la vie vaut la peine d’être vécue : la fraternité, la solidarité, et non l’individualisme effréné qui précarise et rejette l’autre. Ce sont nos valeurs qui ont été à la base des principales améliorations des conditions de vie de millions de citoyens. Ce sont nos valeurs qui, je peux vous l’assurer, ont, depuis janvier 2008, permis de préserver des acquis que d’aucun se voyaient bien disposés à mettre de côté.

Dites-vous aussi que nous ne pourrons atteindre nos objectifs sociaux que si la force que nous représentons tant au fédéral qu’à la Région est suffisamment grande.

Dites-vous bien que la politique que nous pourrions mener dans un système linéaire comme en France serait bien différente de celle d’aujourd’hui, même si nous savons que nous vivons dans un système capitaliste et donc soumis à des alea tels que ceux que nous connaissons aujourd’hui.

Pour les socialistes, pour le PS, l’économie doit d’abord et avant tout avoir pour but de produire des biens et des services en vue de satisfaire les besoins des citoyens d’ici et du monde, les besoins des entreprises et ceux des pouvoirs publics.
C’est donc une économie qui doit permettre, par une répartition des richesses produites, d’élever le bien-être des populations. C’est notre économie réelle.

Voilà, mes chers amis et amies, ce que j’avais envie de vous dire aujourd’hui. Rappelez-vous toujours ces moteurs de notre vie : liberté, égalité, fraternité.

Je vous remercie.

 
           
           

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